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L'humeur des Atréides

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Cannes 2011, la sélection officielle

Cannes 2011, la sélection officielle

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La soixante troisième édition du festival de Cannes fut celle d’un film, merveilleux, Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures d’Apichatpong Weerasetakhul. Le reste de la compétition n’aura pas marqué les mémoires malgré un bel Outrage de Takeshi Kitano. 

C’est peut être ce qui explique que le cru 2011 a senti le besoin de se rassurer en sélectionnant bon nombres d’apparatchiks de la Croisette. Ainsi, Almodovar revient une fois de plus tenter la palme avec La Piel Que Habito, thriller « chirurgique » dans lequel Antonio Banderas incarne un médecin sans scrupule face à Penelope Cruz. 

Les frères Dardenne - non contents d’avoir déjà eu deux palmes d’or dont deux de trop – viennent donner une leçon de cyclisme avec Le Gamin au vélo tandis que Von Trier exposera son nouveau faux chef-d’œuvre, Melancholia. Heureusement que nous avons un nouveau pape (Habemus Papam) mais nous l’espérons pas une deuxième palme d’or pour Nanni Moretti. 

C’est également le grand retour d’Aki Kaurismaki, lauréat du Grand Prix en 2002, avec Le Havre et de Naomi Kawase, lauréate du Grand Prix en 2007, avec Hanezu No Tzuki qui visent clairement l’ultime récompense. Autre Grand Prix et prix de la mise en scène, Nuri Bilge Ceylan remontera les marches avec son Il était une fois en Anatolie pour sans doute encore beaucoup d’esbroufe… 

J’espère que nous ne dirons pas cela du fameux The Tree of life, tellement attendu que l’on aurait presque peur de le voir. Malick avait déjà reçu un prix de la mise en scène à Cannes en 1979 pour ses magnifiques Moissons du ciel mais il serait bien culotté de l’accuser d’être omniprésent.  

Sorrentino, gratifié du prix du jury en 2008 pour Il Divo, se positionne lui aussi en candidat  très sérieux avec This must be the place, road movie dans lequel Sean Penn incarne une ancienne star du rock ; autant dire que le prix d’interprétation lui est dors et déjà dévolu. 

Coté français, quatre films ont eu l’honneur de la sélection. Tout d’abord L’Appolonide – souvenirs de la maison close de Bonello qui nous fait dire que le sujet est bel et bien à la mode, Polisse de Maiwenn où Joey Star sera dans la peau d’un flic mais aussi Pater de Cavalier sans doute le plus expérimental de la compétition. Enfin, The Artist du réalisateur d’OSS 117 racontera la déchéance d’une star du cinéma muet à l’arrivée du cinéma parlant. Hazanavicius a eu la joie de tourner en Amérique ce film muet en noir et blanc bien prometteur. 

Il est temps de parler des nouveaux venus. D’abord Nicholas Winding Refn que vous connaissez sans doute pour sa trilogie Pusher, pour Branson ou encore pour Valhalla Rising (le guerrier silencieux). Drive s’annonce comme une expérience très formelle dans la peau d’un chauffeur qui travaille pour la mafia, soit le seul film d’action de la compétition ; une lourde responsabilité lui incombe. 

Joseph Cedar présentera Hearat Sulayim, comédie dramatique sur l’intimité d’une famille de chercheurs  israéliens et Michael, premier film de Markus Scheinzer, s’évertuera à confirmer la belle santé du cinéma germanophone dans une histoire inspirée de celle de Natascha Kampusch. 

Autre premier film intriguant, Sleeping Beauty de Julian Leigh, fille spirituelle de Jane Campion, qui adapte librement Les Belles Endormies de Kawabata dans une ambiance, parait-il, glacial. Rien de très gai non plus dans We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay avec Tilda Swinton, favorite pour le prix d’interprétation féminine. 

Reste Ichimei de Takashi Miike, et ce n’est pas rien, tant on a hâte de découvrir le remake en 3D du chef-d’œuvre de Masaki Kobayashi par le fantasque japonais. 

N’oublions pas que d’autres films importants se projetteront dans les compétitions parallèles comme l’ambitieuse Quinzaine des réalisateurs. 

Un Atréide sera présent sur la Croisette la semaine prochaine pour confirmer ou infirmer ces craintes et ces belles promesses. Que le spectacle commence !