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L'humeur des Atréides

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Gainsbourg - (vie héroïque) retour sur un ratage

Gainsbourg - (vie héroïque) retour sur un ratage

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/66/71/47/19189713.jpgCe mortel ennui est sans doute la chanson de Gainsbourg la plus appropriée pour évoquer « le film » de Joann Sfar qui, l’air de rien, vient d’annihiler cinématographiquement, au terme d’un beau gâchis, l'histoire de l’un des génies de la chanson française. Constat amère donc, qui semble l’apanage de ces biopics en série tous plus mauvais les uns que les autres. Et GAINSBOURG, malgré son ambition de ne pas faire comme les autres, fait presque pire. Il ne suffit pas d’afficher de bonnes intentions pour faire un bon film, surtout quand elles se révèlent désastreuses. 

Joann Sfar choisit le conte onirique pour, croit-il, se détourner des codes léthhttp://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/66/71/47/19128769.jpgargiques du genre et ainsi apporter un point de vue plus libertaire et novateur. Dans ce dessein, il use de quelques artifices – inspirés de la bande dessinée – telle cette marionnette imaginaire plus ou moins maléfique qui coexiste avec l’icône au fil de son tumultueux parcours.  Seulement, le dessinateur, fier de ses fausses bonnes idées, a beaucoup de mal à s’en séparer. Il nous les impose jusqu’à la lie alourdissant considérablement une narration déjà bien malhabile. En témoigne cette compilation de vignettes décousues et hermétiques les unes aux autres ; GAINSBOURG n’a aucune cohérence.

Dès lors le film shttp://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/66/71/47/19030347.jpg’enterre dans l’imitation et s’alanguit dans le superficiel. Jamais Joann Sfar n’évitera les clichés, jamais il tentera même de sonder son personnage (tâche difficile je vous l’accorde) préférant la simplicité agiographique sur un ton comico-tragique malvenu. On reconnaît là « le syndrome Amélie Poulain » d’un certain cinéma français toc et complaisant.  

C’est donc tout ce que Gainsbourg inspire, la caricature chic, facile et policée ?! Quelle tristesse ! Quel réel manque d’ambition ! Et s’il faut repenser, réinventer, bousculer le genre du biopic ce n’est pas cette voie, soi-disant héroïque, qu’il faut emprunter.

Soudain, une question nous taraude, qui sera le prochain grand de la chanson française à se retourner dans sa tombe ? Brassens. N’y pensez même pas…