Partager l'article ! Lola, de Brillante Mendoza: La démarche artistique de Brillante Mendoza est avant tout une démarche physique, une allure, un rythme, une fa ...
L'un est cinéphile, l'autre cinéphage. L'un travaille le signifié, l'autre le signifiant. Bienvenue sur l'humeur des Atréides.
La démarche artistique de Brillante Mendoza est avant tout une démarche physique, une allure,
un rythme, une façon de marcher. Celle de deux grands-mères, lola en philippin, qui avancent obstinément, d’un pas fragile mais déterminé, pour défendre le fils aimé. LOLA est un film
qui nous a à l’usure, qui envoûte sur la longueur, nous immergeant dans les quartiers de Manille, inondés des typhons et de l’étrange lumière des plans du cinéaste.
Aller-retours incessants, trajets interminables, les l ol a de Mendoza n’ont pas le droit au repos. La caméra numérique, en perpétuel mouvem ent, nous inflige sans relâche la fatigue des corps. Paradoxalement, cette marche en avant de la vieillesse, vers une mort reposante, est filmée avec toute la vigueur formelle, propre au réalisateur. Chaque plan est un petit monde, un condensé de vie où brouille les animaux et les hommes face aux éléments qui se déchaînent. Les premières minutes, sans parole, nous le confirment. Une grand-mère se rend sur le lieu de l’assassinat de son fils pour y allumer un cierge. Seulement, le vent, plus dévastateur que fripon, l’obligera à craquer à répétition des allumettes, éteintes avant même d’embraser la bougie. Le film aurait pu s’arrêter là, sur cette scène risible et tragique. La répétition des allumettes comme la répétition d’un combat quotidien ; la lutte routinière d’une vie.
Alors, embarqués sur les pagodes de fortune de cet affluent des pauvres, la force du cinéma de Mendoza s’impose à nous, naturellement, par des images d’une beauté lancinante. Mais cela ne va pas sans patience, sans exigence même. Car si LOLA reste un des films les plus accessibles du philippin, son aura se construit petit à petit, goutte après goutte, dans le quotidien des images.
Brillante Mendoza tourne beaucoup, par pulsions successives, axant son travail sur la mouvance
des corps dans le temps et l’espace. Dans son champ, tout s’agite et pourtant tout est si calme. Un plein de vie pour mieux accentuer son vide, pour souligner, sans amertume, son insignifiance.
Tel un chercheur, il insère sa caméra comme dans une fourmilière auscultant les remous de ses habitants avec pudeur. Mais parfois, cette pudeur laisse place à de la complaisance sous la forme de
scène faciles et inutiles. Heureusement que ce péché de pure démonstration se faire rare dans ce LOLA épuré, qui pourrait bien être son film le plus abouti.
Il a fait nombre d'émules parmi les jeunes bobo, les esthéts de la dépression, les amoureux du pastel et des images vintage ; il s'est glissé en douceur dans le lit d'une génération d'urbains qui rêvent d'amours infantiles et achètent l'humour sans prendre la couenne.
On aimerait voir cette grande tige, un brin aristocrate, se battre avec le rondouillard et bien campé Judd Appatow. L'un balancant de la vanne puérile assumée, de la-qui-dégouline-franchement, l'autre esquivant à coup de murmures monotons, regard vague à l'âme, préférant les bons mots.
Le prochain film de Wes Anderson sortira en salles le 25 mai. Une nouvelle fois, le réalisateur a réuni un casting premium et fait appel à son ami Roman Coppola (fils de et frère de). Les premières rumeurs parlent d'un film synthèse. Nous serons là au printemps.
Letosage : Web
FMSL : Rédac
Poulos : Contributeur
Max : Contributeur
Audrey : Contributrice
Antighor : Contributeur
Simon : Contributeur
Guillaume : Contributeur
Julien R. : Contributeur
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