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L'humeur des Atréides

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Petit bilan d'une année cinématographique

Petit bilan d'une année cinématographique

siberie3Au cinéma, il n’y a pas d’âge pour faire des grands films, pour prendre des risques, pour faire preuve de fougues et de talents. L’année 2009 aura été marquée par ces hommes sans âge, tels  Alain Resnais, Manoel de Oliveira, Koji Wakamatsu ou encore Francis Ford Coppola. Parmi eux, Clint Eastwood trône logiquement avec son GRAN TORINO, faux film anodin d’une richesse insoupçonnable. A lui seul il résout le dilemme propre au cinéma celui de l’art et du non-art, utilisant cette culture de masse par le biais du film populaire pour toucher tout le monde et même, pour toucher à l’art. C’est cet universalisme qui me fait dire qu’il est bien le meilleur film de 2009.

Tarantino, autre américain, ne déçoit pas et l’accueil mitigé reçu à Cannes pour son grandiose INGLOURIOUS BASTERDS s’est vite fait oublier. Il signe là son plus grand succès et flotte sur les cimes du cinéma avec la virtuosité qu’on lui connaît. Le cinéma américain, finalement assez peu en vu, lui doit beaucoup tout comme à Michael Mann qui nous rappelle qu’il est bien l’un des plus grands. Quant à Richard Kelly il confirme tout le talent de son univers avec l’excellent THE BOX.   

Côté cinéma français, LES HERBES FOLLES marquent durablement les esprits par cette liberté de ton et de forme témoignant d’un surréalisme vivifiant. Le 35 RHUMS de Claire Denis est un petit bijou passé trop inaperçu qui mérite d’être redécouvert. Une fois de plus le cinéma français s’est bien défendu et la crise n’aura de loin pas fait baisser la fréquentation des salles obscures. A noter la belle réussite du nouveau OSS 117 RIO NE REPOND PLUS, de Michel Hazanavicius qui démontre que le cinéma populaire français peut être ambitieux et de qualité à l’exact opposé de la fadeur d’un BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS.
Le cinéma européen n’est pas en reste. On doit au Portugal deux films remarqués et remarquables avec CE CHER MOIS D’AOUT de Miguel Gomes et SINGULARITES D’UNE JEUNE FILLE BLONDE du centenaire Oliveira. Le cinéma italien revit,  VINCERE de Marco Bellocchio en témoigne à lui seul. 

Côté cinéma asiatique, Koji Wakamatsu n’a rien perdu de son engagement et de son cinéma jusqu’au boutiste. Il livre avec UNITED RED ARMY l’expérience cinématographique la plus marquante de cette année. Le film est une fresque ahurissante sur l’embrigadement politique  repoussant la frontière entre le documentaire et la fiction ; radical et troublant. STILL WALKING de Kore-Eda Hirokazu et TOKYO SONATA de Kyoshi Kurosawa démontrent, avec des approches et sensibilités différentes, que le cinéma japonais sait, mieux qu’aucun autre, parler de la famille. Pour autant, le cinéma asiatique semble avoir été légèrement en retrait en 2009. Le cinéma coréen doit beaucoup de sa visibilité au très bon THE CHASER de Hong-jin Na (en attendant la sortie fin janvier de MOTHER de Joon-Ho Bong) bien plus qu’au ratage de THIRST du décevant Park Chan Wook. Enfin, le cinéma Hong-Kongais repose, pour beaucoup, sur les épaules de Johnnie To aussi bien en tant que réalisateur  qu'en tant que producteur (ACCIDENT de Soi Cheang sorti le 30 décembre 2009) même si son VENGEANCE avec Johnny Hallyday n’a pas convaincu.

A chaque année ses déceptions et 2009 en compte logiquement quelques-unes. BENJAMIN BUTTON tout d’abord, conte surestimé insipide et arythmique ou David Fincher ne fait que du tape à l’œil. Citons également TERMINATOR RENAISSANCE de McG dont on a largement débattu sur ce blog,  DISTRICT 9 de Neill Blomkamp pour sa deuxième heure catastrophique, LOOKING FOR ERIC téléfilm indigne de Ken Loach ou encore THIRST de Park Chan Wook. Et que dire du déjà milliardaire AVATAR de James Cameron si ce n’est qu’il ne mérite pas cette euphorie collective.
N’en déplaise à mon comparse et ami Letosage, mes coups de gueule de l’année se portent sur deux films présents dans son TOP 10. SLUMDOG MILLIONAIRE, horripilante fable poseuse faussement humaniste, et UN PROPHETE de Jacques Audiard qui partage avec le film de Danny Boyle, le toc et la complaisance.

Terminons par une note enchanteresse, celle de TETRO, qui conclut cette belle année cinématographique en beauté et lance 2010 sur de bons rails.
L’HUMEUR DES ATREIDES remercie ses lecteurs, vous souhaite une bonne année et vous fait ses meilleurs vœux cinématographiques pour 2010.